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vendredi 6 mars 2009

Elie Domota va trop loin je vous le dis.


Loin d'apaiser le conflit entre salariés et patrons sur l'île de la Guadeloupe, Elie Domota renchérit par des propos scandaleux
ici et   à l'envers des patrons ( véritablement la bête noire à chasser du pays ).Il m'est difficile de croire qu'Elie Domota représente la parole du peuple Guadeloupéen tout entier.

Je ne suis pas Guadeloupéenne mais Martiniquaise et suis outrée de la violence des mots de ce leader du LKP. Où sont Ségolène Royale et Christiane Taubira ( non d'extrème gauche que je sache ) pour appeler à la raison Monsieur Domota, qui connaît depuis peu, le pouvoir des mots. Mais, ne doit pas connaître leurs implications.

Voyez vous même ici. Cette lutte contre la vie chère tend à se transformer en lutte contre le patronat et les békés ainsi que par une haine du "patron" et surtout du "patron blanc". Mes Antilles, dans ce cas, me déçoivent terriblement. ( commentaires sur Le Point.fr )

Martin Luther King disait : "Nous les noirs, qui rêvons depuis si longtemps de liberté, nous sommes encore entravés par les liens de la ségrégation et de la discrimination. Faut il pour autant réagir par l'amertume et le cynisme ? Certes non, car notre colère serait alors si désespérée qu'elle nous mènerait droit au suicide "

Puis disait également "Certes l'esclavage et la ségrégation n'ont pas d'autre but d'habituer le Noir à la médiocrité, mais nous devons lutter de toutes nos forces pour aspirer à la perfection. Cela s'applique surtout aux jeunes, car il faut être réaliste et admettre que beaucoup de Noirs âgés ont eu tant à souffrir de l'oppression, de l'absence quasi totale d'éducation ...Des portes s'ouvrent maintenant qui ne s'ouvraient pas pour nos pères et nos mères....Nous pouvons déjà nous inspirer de l'exemple de certains Noirs qui, à force de volonté, ont réussi à briser leurs chaînes."

Ainsi, le positionnement du conflit sur la base Blanc&Noir est vraiment dangereux Monsieur Domota. Je vous croyais plus habile que cela.

Tatiana

NB/ illustration extraite de www.e-news.name

jeudi 5 mars 2009

La Guadeloupe côté plage et barricades...

C'est en parcourant un post ici critiquant avec humour la situation en Guadeloupe que je suis tombée, à la rubrique commentaires, sur ce Blog  "Ban mwen en Colombo"  ( en français, Donne moi un Colombo ). Blog tout à fait rafraîchissant et rassurant car montre les 2 facettes de nos îles ( Guadeloupe, Martinique, Guyane etc.. )

Ce blog représente pour moi ( enfant née aux Antilles et vivant en Métropole depuis l'âge de 13 ans ) parfaitement la bipolarité de notre idée du pays. D'un côté, les paysages splendides de plus en plus protégés ( conscience populaire et des autorités en effet plus vive à protéger ce patrimoine ) et de l'autre, ces grèves asphyxiants nos îles très vite bloquées par le simple fait de leur état d'île ( 1 route principale en Martinique alimente le pays du Nord au Sud et en son centre le véritable poumon de l'île ; le Port de Fort-de-France ).

En parcourant ce matin le site Les Echos,  j'ai été outragée d'apprendre le comportement suicidaire ( j'ose le dire ! ) des grévistes saccageants les entreprises ( l'article mentionne la situation de BATIR, entreprise de BTP dont les 45 employés sont non grévistes aurait subi des dégradations de grévistes Martiniquais ). Ces entreprises antillaises certes, sont dirigées par des patrons ( c'est la bête noire, le 1er profiteur apparemment ) mais se sont avant tout, des entreprises qui embauchent leurs propres compatriotes. C'est donc couper "au coutelas" l'arbre nourricier, l'arbre à pain en l'occurrence.
Croyez vous que ces patrons, auront la capacité financière d'augmenter les salaires quand il faut, dans un premier temps, remettre en l'état l'outil de production, l'outil de travail. Arrêtons ce massacre ! Pendant ce temps, les énormes paquebots accostent toujours à Sainte-Lucie, les avions atterrissent à Punta Cana.

Il faut que nos Antilles se réveillent et réalisent que LE MONDE TOUT ENTIER EST EN CRISE.

Profitons de cette période douloureuse pour reconstruire une cellule familiale, retrouver le goût de la terre ( pour ne pas aller tous les 4 matins au supermarché ! ), jeter " en razier " ( expression antillaise qui s'apparente à l'expression "jeter aux orties" ) les sentiments de jalousie ( peu de solidarité, entraide entre les antillais, c'est une triste réalité - Tu dois faire tes preuves avant que l'on vienne t'aider. Triste mentalité....française , non ?  ). Re-donnons des modèles de réussite à nos enfants pour aller de l'avant.

Rêvons à un Obama antillais ;-)

Tatiana







mardi 17 février 2009

On parle enfin d'économie aux Français...

Fallait il cette crise pour expliquer ce qu'est une entreprise aux Français salariés ou non salariés. Quels sont ses propres mécanismes, ses acteurs et son but ultime ? Quand est-il de la prise de risque de ses actionnaires ? Qu'en ait il de la valeur ajoutée, des bénéfices, de l'investissement ? etc...

Je suis vraiment ravie de cette profusion d'émissions sur BFM, radio économie par excellence, sur la 5ème avec l'émission d'Yves Calvi "C'est dans l'air" par exemple. C'est bien plus nourrissant que ces émissions populaires sur Tf1.

Nous vivons véritablement un bouleversement en prenons enfin conscience des mécanismes systémiques ( mot à la mode ! ) de notre économie nationale et mondiale. 

Mais, beaucoup n'ont pas encore compris que l'augmentation des salaires ( vision court terme ) n'est pas la priorité par rapport au maintien du salaire ( vision long terme ).

Tatiana PARISOT !





dimanche 15 février 2009

Ma Martinique se meurt à petit feu

On est loin de la campagne de Pub que nous longions dans les couloirs du Métro ou RER parisien pendant tout cet hiver. On devient involontairement le témoin d'un budget publicitaire voté pour nada. C'est bien triste tout cela car il en faudra bien plus que des photos de plages exotiques pour revaloriser l'image de ma petite île.

Oui, je suis choquée par les propos tenus par ce béké Monsieur Hugues-Despointes. Oui, j'ai toujours été choquée par les prix des yaourts au supermarché lorsque j'y passe mes vacances. Le kilo de tomate était en décembre dernier valorisé à 7 euros. Avec humour, j'avais même signalé à l'étalagiste qu'après réflexion il était hors de question de payer ce prix et que mes salades allaient s'agrémenter de produits moins utilisés comme la papaye verte ou le giromou ( le potiron ici ). Bien entendu, mon obsession a été de planter une christophine entière en pleine terre ( excellent pour les diabétiques ) pour ne pas avoir à acheter de tels produits au supermarché. Une aberration pour la vacancière antillaise que je suis.

Oui, je suis choquée par l'écart qu'il y a entre mes amis qui sont payés le Smic car travaillent dans de petites entreprises martiniquaises et ceux qui sont payés +40% car font partie de la fonction publique. Les uns ont du mal à joindre les 2 bouts, les autres calculent le bon choix d'investissement pour leur retraite. C'est vraiment une claque que je me prends à chaque séjour. Le malaise est palpable.

Mais, je suis d'autant plus choquée par le fait que les martiniquais prennent en otage leurs propres compatriotes. Je ne vais pas faire dans le pathos mais je souhaite juste vous signaler des faits tout simplement. Mon père est hémiplégique après un AVC. Il vit seul à la campagne. Heureusement pour lui, comme pour moi ( je me trouve rassurée ), les oncles et tantes ne sont pas très loin. Il est diabétique et doit donc prendre sa dose d'insuline chaque matin par l'intervention d'une infirmière car ne peut se piquer seul. Une aide à domicile a été mise en place pour l'aider à faire des barquettes et tenir sa maison propre. Mais, avec la pénurie d'essence, il devient difficile pour l'infirmière de se rendre jusqu'à lui et il est déjà impossible pour l'aide ménagère d'assurer ses heures faute d'essence. Au téléphone, mon père vit dans l'angoisse cette situation et se demande comment va donc se terminer ce conflit. Les gens crient leurs difficultés à la radio. Plus personne ne va au travail donc on peut imaginer la faible paye du mois de février. Avec chance, dans la famille, les enfants habitent chez les parents, au RDC de la maison ( pénurie des logements et terrains ) ce qui fait l'économie d'un loyer. Un handicap hier devient un avantage aujourd'hui. Les petites entreprises voire micro-entreprises qui étaient déjà en crise vacillent. C'est la désolation. Faut-il s'attendre à un nouveau défilé revendicateur à la place de notre Carnaval National ?

Ce conflit est important et montre bien que les Martiniquais veulent prendre en main leur destin. Il est juste de révéler des injustices et demander plus de transparences .
De mon modeste point de vue, ce conflit sera salvateur si il en ressort une mise à plat des inégalités économiques et sociales d'un axe local, national, européen et caribéen également. Par contre, sera destructeur si les négociateurs exigent en privilégiant les difficultés insulaires sans se positionner dans une vision mondiale de la crise qui nous touche. 

Petite réflexion

Tatiana